Une grande réforme à l’automne?

Comme les ministres et spécialistes le répètent depuis un moment maintenant, les petits à-coups que représentent les réformes timides amorcées par le gouvernement ne seront pas suffisantes pour espérer une reprise de l’économie. Aussi, à l’écoute de ces remarques, Arnaud Montebourg a annoncé une « grande loi sur la croissance et le pouvoir d’achat », qui devrait être votée entre septembre et novembre. Le but serait donc de donner une impulsion plus importante à l’économie pour faire repartir la demande intérieure, la consommation, et somme toute la totalité de l’économie française. Cette réforme s’inscrirait dans un plan sur trois ans, une feuille de route jusqu’à la fin du quinquennat Hollande dans le but, peut-être, de faire changer d’avis sur la politique gouvernementale.

Plusieurs petites lois, une grande loi?

Du fait des changements conséquents des rapports économiques dans la quasi totalité du tissu industriel ou même primaire ou tertiaire français, il est nécessaire de partir sur de nouvelles bases claires et quasi-révolutionnaires. À la rentrée, donc, un projet de loi visera à promouvoir une croissance plus durable. Le projet n’est encore pas détaillé, mais son aperçu global promet un succès certain: il s’agit de réformer profondément des mécanismes qu’on pense maintenant intrinsèques à l’économie. Rentes et monopoles devraient entrer dans le débat, n’en déplaise aux investisseurs.

Mieux réfléchir pour mieux agir

Certains se disent probablement: « enfin! ». Après quelques mois de discrétion presque suspicieuse, le ministre de l’économie semblait se concentrer sur son axe d’action. D’où, peut-être, les réformes à tâtons tant décriées. Maintenant, il s’agit d’un projet qui dépasserait le cadre national pour s’exporter en Europe. Dans un discours le 10 juillet, le ministre devrait en dévoiler plus sur la réforme qui pourrait, sinon tout arranger, au moins amorcer le changement. Le problème majeur reste encore la réticence des grands patrons à ces changements qui ne risquent de diminuer que « trop peu » leurs charges. Alors, changement efficace?

La Grèce: reprise avortée

Elle a fait beaucoup de bruit au début de la crise: la Grèce semblait être la première à subir les conséquences de l’effondrement du système des subprimes, de manière indirecte mais très violente, voyant ses chiffres Etatiques exploser dans le mauvais sens: chômage, endettement, balance commerciale… On est allé jusqu’à parler de sortie de l’Union Européenne, pour un court instant, alors que les économistes criaient à l’aide de la communauté Européenne pour aider à la reprise… à laquelle on a cru, d’ailleurs. Seulement il semblerait qu’on ait plus assisté à un rafistolage fragile qu’à un réel règlement des problèmes.

La Grèce, égérie d’un groupe qu’elle aurait préféré éviter

La Grèce est l’exemple le plus frappant, évidemment, mais elle n’est pas la seule à avoir connu la crise dans des proportions si importantes qu’elles en étaient effrayantes: on a même parlé de PIGS (comme s’ils étaient prédestinés à un tel chaos?) pour Portugal, Italie, Grèce et Espagne (Spain, oui, parce que sinon ils ne seraient plus que de vulgaires PIGE plutôt que des cochons, et ce serait dommage). Après une glorieuse annonce d’une reprise de croissance, ces pays, en grande difficultés suite à l’arrivée de la crise en Europe, ont su convaincre les investisseurs internationaux: rachats de dettes en masse, investissement de portefeuille, etc. Seulement, alors que la croissance semble repointer le bout de son nez en zone Euro, il est impensable d’oublier totalement les cinq dernières années de crise et ses impacts, toujours croissants, sur les individus.

Une crise qui laisse des cicatrices

Mine de rien (ou de quelque chose, cela dépend probablement du point de vue), les Européens subissent la crise depuis une demi décennie maintenant. De fait, pour des dizaine de millions de personnes qu’elle a plongé dans la détresse financière, revenir à une économie normale et une consommation importante ne sera pas aisé. D’ailleurs, les emplois créés pour l’instant ne sont que précaires, reposant sur des postes temporaires surtout, ce qui n’aide pas à une confiance et une vision en l’avenir des ménages.

François Hollande à l’heure des révélations

Après deux ans de mandat, François Hollande voit sa popularité frôler avec des valeurs historiquement basses, laissant planer le doute sur son éventuelle crédibilité restante. Son programme prévoyait initialement une hausse d’impôts et des dépenses publiques. Effectivement, on a remarqué que nos fiches d’impôts restaient encore un peu plus en travers de la gorge… tout ça pour soutenir la rigueur. La rigueur? Monsieur le Président, ce n’est pas ce qui était prévu…

Vers des réformes libérales

François Hollande a estimé que pour doper la croissance, il était tant d’opter pour des réformes prônant plus de libéralisme. C’est dans cette optique apparente qu’a été lancé un plan de réduction des dépenses publiques à hauteur de 50 milliards d’euro sur trois ans. Pour cette même période, les impôts devraient s’alléger de 40 milliards, comme le prévoit le premier ministre Manuel Valls qui, rappelons-le, souhaite redonner du dynamisme au secteur public. Naturellement, face à des promesses qui étaient contraires, au sein même de la gauche les contestations se multiplient -et c’est sans parler des syndicats. Alors quoi, jamais contents, les Français?

Les plus grands mouvements depuis l’élection du président

Après les grèves de la SNCF qui ont perturbé le trafic pendant environ deux semaines, ce sont aux intermittents du spectacle de faire du bruit à l’occasion de festivals comme le festival lyric d’Aix ou la manifestation culturelle d’Avignon par exemple. Les tensions sociales pourraient s’apaiser plus facilement si, de son côté, l’aile gauche du P.S n’était pas elle aussi opposée à la rigueur. Manuel Valls s’est empressé de rappeler que sans un soutien unanime au projet, la gauche était en grand danger, surtout lorsqu’on considère une cote de popularité inférieure à 20% pour l’actuel Président. De quoi se dire que, finalement, il n’a plus rien à perdre: peut-être alors prendra-t-il des mesures de conviction qui permettront d’améliorer la situation? Il faut l’espérer.

La loi sur les stages définitivement adoptée

Ce jeudi 26 juin, l’Assemblée Nationale s’est définitivement prononcée: la proposition sur l’encadrement des stages a été adoptée. Ainsi, à partir de septembre 2015, les stagiaires seront rémunérés obligatoirement pour un stage d’une durée supérieure à deux mois. Les socialistes et autres partis de gauche ont globalement voté pour, tandis que l’UMP et l’UDI, eux, pensent que les mesures sont dangereuses. Pour l’instant, certaines entreprises ont tendance à user et abuser des stagiaires: monter leur « salaire » -sans charges, rappelons-le- de moins de 100€ peut aider des étudiants exploités et ne devrait, à l’inverse, pas déranger une entreprise honnête.

Ce que la réforme devrait changer

Les stages ont subi de nombreuses réformes. Depuis 2006, c’est la cinquième proposition de loi les concernant. Cette fois-ci, François Hollande s’était engagé, lors de sa campagne, à proposer un texte clair, concis et applicable qui arrange la situation des stagiaires. Bien entendu, le fonctionnement des stages est une bonne chose lorsqu’il se passe bien: l’entreprise fait des économies et, en retour, l’étudiant (généralement) apprend à ses côtés pour avoir une expérience professionnelle valorisante. Malheureusement, à cause d’abus de certaines entreprises (on connaît tous le petit stagiaire dans une multinationale à qui on a promis un post de chef de service junior et qui, effectivement, se gargarise d’une fière position de chef de photocopieuse), la situation des stagiaires reste précaire. Durcir les normes permet donc de limiter les abus. La loi prévoit ainsi que les stagiaires soient obligatoirement rémunérés à partir de deux mois de stage, non plus de trois; un nombre de stagiaires maximum, en fonction du nombre de salariés, ne devra pas être dépassé; à partir de deux mois de stage, le stagiaire a droit à 2.5 jours de congés par mois, à un remboursement de la moitié de ses frais de transport, à l’accès au restaurant de l’entreprise et à des tickets restaurant; enfin, les stagiaires toucheront 523€ par mois minimum.

Plus de contrôles

Le texte prévoit des contrôles plus réguliers et l’inscription systématique des stagiaires au « registre unique du personnel », encore une fois pour éviter les abus.

Bygmalion: les chiffres chocs

Les rebondissements et révélations se succèdent dans l’affaire Bygmalion, au point qu’on pense assister à un remake de série télé. Sauf que tout est bien réel: la société de communication semble avoir été auteure de malversations en accord avec le parti UMP. Depuis notre point de vue de citoyen smicard à double, triple ou même quadruple smicard, croyez-le, les chiffres qui tombent donnent le vertige. Des sommes inconcevables à l’échelle d’un œil individuel, monnaie courante pourtant pour des partis de l’envergure de l’UMP.

Le canard enchaîné… plutôt déchaîné

On connait le journal pour son franc parlé: c’est lui qui a publié les chiffres de ce qu’a payé l’UMP à Bygmalion pour une communication web incluant création de site ou conseils par exemple. De quoi, effectivement, jeter le doute. Le site internet aura coûté, à la création, 680 000€. Pourtant le site en soi n’avait rien d’exceptionnel et la somme colossale qu’il a demandé est décriée par les experts qui la découvrent. Et ce n’est pas tout… Jean-François Copé a dû payer, pour mettre à jour -simplement- son site personnel plus de 48 000€. Là encore, on estime que cette somme est terriblement exagérée compte tenu du service rendu.

De petits services, de grandes factures

Un exemple impressionnant: pour un simple envoi d’une lettre d’information (par mail, qui plus est), la société, à l’époque dirigée par Bastien Millot (précisons-le, c’est de là que vient la polémique) réclamait plus de 170 000€! Notez que la création d’une newsletter peut coûter une vingtaine d’euros sur des sites simples… même en admettant que l’UMP ait eu besoin de fonctionnalités particulièrement sophistiquées, il est difficile d’envisager d’approcher le prix d’un appartement pour envoyer des mails. Mieux encore: plus de 230 000€ pour un site… qui ne verra jamais le jour! C’est contrariant. Et ce n’est pas fini! référez-vous au Canard Enchaîné pour plus d’infos… et ça claque.

Plan de 1.6 milliard d’économie

Le 25 juin, les députés ont voté à la majorité le plan du gouvernement visant à réaliser 1.6 milliards d’euros d’économies, directement coupés sur les dépenses publiques. On parle d’un « budget rectificatif » qui, pour l’instant, n’est parvenu qu’à semer la discorde entre les éminents du Parti Socialiste, entre puristes et semi-libéraux. Ce qu’on voit, c’est une nouvelle austérité se profiler à un moment où l’économie manque encore cruellement d’optimisme et d’éléments de reprise.

Des impôts conservés

Contrairement à ce qui était initialement prévu, la majoration de l’impôt sur les sociétés a été prolongée d’une année encore. Elle avait été instaurée en 2011 sous Fillon, et les socialistes semblent ne pas prévoir de l’abroger (ils avaient d’ailleurs déjà prolongé sa durée l’année dernière). À croire que les majorations exceptionnelles ne sont pas si exceptionnelles que ça… Les économies ont été mesurées en prenant une base de 635 millions d’euros dont le gèle préalable sera aboli, et en réalisant près d’un milliard d’économies sur d’autres dépenses.

Des amendements refusés

En revanche, côté écologie, pas de progrès. Malgré le soutien de quelques vingt socialistes, l’amendement n’a pas pu être voté à la majorité. Son projet était d’annuler les plus de 200 millions d’euros d’économies qui devaient être réalisées sur les investissements dans l’écologie et l’énergie. Somme toute, on semble ne pas bien comprendre où est notre intérêt: l’écologie est secondaire, la consommation des ménages aussi, finalement tout ce qui compte, c’est ce qui ne devrait que modérément compter. Certes, en temps de crise il est difficile de croire en l’avenir, mais les porteurs du système capitaliste ne doivent pas oublier que l’un de ses magnifiques rouages artificiels est le suivant: sans confiance en l’avenir, les patrons, les consommateurs aisés et autres faiseurs d’économie ne consomment pas. Or en prônant l’austérité, on affirme qu’on n’a pas confiance en l’avenir. Remplir les caisses, oui, mais sans investissements, on s’évertue à remplir un tonneau troué.

Revoir la sélection à l’université

Depuis 2002, les études françaises dans le supérieur, en cursus de faculté en tout cas, ont été revus: en effet, depuis 12 ans, on a adopté en France un système Licence-Master-Doctorat qui supprimait les cursus et diplômes intermédiaires comme par exemple la maîtrise. Cette dernière, justement, avait lieu en quatrième année et à ce moment là, donc, les étudiants pouvaient ou réussir leurs examens et recevoir le diplôme, ou être « recalés » et devoir envisager de refaire une année si l’université le permettait ou de totalement se réorienter. Résultat, dans le système d’études supérieures actuelles, on assiste encore à ce mode de sélection qui se fait au bout de la quatrième année d’études, et ce malgré le fait que, désormais, un BAC +4 ne correspond à aucun diplôme (il se situe entre la licence à bac +3 et le master à bac +5). Le gouvernement entend donc supprimer ce processus, mais l’on sait le sujet sensible…

L’université: il ne faut pas en parler?

Le ministre de l’éducation a relancé un débat il y a quelques semaines. Pourtant, parler éducation, supérieure surtout, est encore difficile et les jeunes étudiants menacent de descendre dans la rue de manière un peu plus systématique que ne pourraient le faire leurs aînées. Les gouvernements qui se sont intéressés à l’éducation le regrettent parfois encore amèrement aujourd’hui. Cela dit, on envisage facilement que cette éventuelle réforme n’agace pas plus les étudiants que ça… quoi que?

Vers un système plus logique

Benoît Hamon a expliqué devant l’Assemblée Nationale qu’il souhaitait pouvoir corriger le mode de sélection en master. Le nouveau principe serait tout simple: la sélection, au lieu de s’effectuer entre la première année de master et la deuxième année de master, se ferait entre la troisième -et dernière- année de licence et la première année de master. Ainsi, les cycles seraient conservés à part entière. Les étudiants ne « gâcheraient » pas un an pour se voir refuser en master et, au contraire, ils seraient acceptés ou refusés pour passer un diplôme: dans cette optique, ils en effectueraient le cursus dans sa globalité avant de ne subir une nouvelle sélection. Reste à savoir ce qu’ils en pensent…

Crise: la réponse de Keynes

John Maynard Keynes est l’un des économistes classiques les plus influents dans la pensée moderne. Le jeune britannique étudie dans de prestigieuses universités qui enseignent les théories classiques, dont il se distance pourtant rapidement. Pour lui, la régulation du marché n’est qu’une idée imparfaite, une théorie qui dysfonctionne quand elle est mise en pratique. De fait, il élaborera son propre concept, sa propre idée d’une économie libérale et capitaliste qui, pourtant, ne jure pas que par l’autorégulation. On le qualifiera de néoclassique dans la mesure où il part sur une base du libéralisme déjà établi tout en lui imputant des idées nouvelles qui tranchent avec la rigueur jusque là prônée. Histoire d’un concept qu’on oublie parfois.

Le laisser-faire, laisser-passer

Le libéralisme a été une véritable révolution: l’individu était de plus en plus libre, il était logique que le marché le soit. Chacun étant libre de rechercher son intérêt propre, l’économie aurait convergé naturellement vers un point d’équilibre. Jusqu’à Keynes, le principe voulait que les crises, perçues comme totalement accidentelles et nullement structurelles, ne soient pas traitées: il suffisait d’attendre. Le temps ferait passer les troubles, le marché reviendrait à un point d’équilibre par un mécanisme qu’il ne fallait pas altérer, au risque d’aggraver la crise et d’empêcher toute reprise économique.

En tant de crise, le libéralisme doit être mis en pause

Il s’agit d’admettre une chose simple et logique: si l’on est en crise, c’est que le système n’est pas si parfait qu’il n’y paraît. Apparemment, l’auto-régulation ne suffit pas à tout réguler, justement. Alors, comme la théorie de la non-intervention ne fonctionnait pas, Keynes s’est demandé ce qu’il se passerait si, justement, l’Etat s’en mêlait. En l’occurrence, un investissement de l’Etat permettrait d’augmenter la demande des ménages (qui auraient un meilleur pouvoir d’achat), donc la confiance des patrons, donc la production et l’emploi, donc le PIB, donc le revenu des individus, donc la consommation ET les revenus étatiques. Keynes pense même que le gouvernement récupérerait 4 fois la somme investie au départ: c’est le coefficient multiplicateur. Alors, on teste?

Quelle France dans 10 ans?

« Quelle France dans dix ans » est le titre d’un rapport récemment publié, qui fait retour sur les compétences et les domaines de retard de l’Hexagone. Face à une crise mondiale, la France avait pour défi de s’adapter au niveau national pour pousser la croissance. Malheureusement, selon l’auteur du rapport, elle n’a pas réussi et a, au contraire, accumulé les retards dans ce laps de temps: il faudrait, pour rattraper ce maintien en arrière, que les politiques prennent des décisions plus sérieuses en ce sens qu’elles auraient plus un statut de réformes en profondeur que de mesures prises rapidement pour régler un conflit imminent, sans réelle étude poussée sur la viabilité et la pertinence du projet. En somme, l’auteur précise que l’Etat disperse ses efforts en une multitude de petits points inefficaces au lieu de concentrer le tout dans l’élaboration d’un plan durable et performant.

Comment et à quel niveau agir pour améliorer la vie des Français?

C’était la problématique proposée à Jean Pisani-Ferry, président de France Stratégie. Un économiste de formation, donc, qui s’est vu confié la lourde tâche de déterminer ce qui, demain, fera une France forte. Il a donc dû s’intéresser aux réformes à envisager, évidemment, mais aussi et surtout à la manière de les appliquer pour les rendre efficaces sur la durée.

La France va mal… mais peut aller mieux

Inutile de se mentir, le président de France Stratégie estime que la France connait de grandes difficultés. Il n’est cependant pas excessivement pessimiste, malgré le fait qu’il souligne que les difficultés du pays se sont entamées il y a une trentaine d’années et pas seulement en 2008. Les problèmes sont donc structurels plus que conjoncturels, et c’est pourquoi il faut s’attaquer à des piliers comme l’éducation qui, si elle remplissait son rôle de destructeur d’inégalités, pourrait permettre par la suite de former des « cerveaux » qui seraient le point de départ d’une reprise à long terme. Cet exemple, accompagné d’autres points importants, nécessite évidemment des dépenses publiques colossales, d’où le problème d’application pour l’instant. Dans un contexte qu’il ne faut pas négliger, il est temps pour l’instant de simplement mieux cibler les réformes pour les rendre plus pertinentes en attendant « le grand changement ».

L’UMP en danger politique?

Les affaires de problèmes financiers se multiplient au sein de l’UMP, au point que Alain Juppé estime que le parti est « en danger », tant financier que politique. Alors, une affaire qu’on pensait terminée pourrait-elle signer la fin de l’UMP? On envisage difficilement que le parti disparaisse, mais il faut admettre qu’entre les élections frauduleuses, les doutes qui planent sur ses finances, on a du mal à envisager de continuer avec une UMP conservée telle qu’elle. En danger, monsieur Juppé, mais dans quelle mesure?

Bygmalion, le coup de grâce?

C’est le 23 juin que Alain Juppé a déclaré que le parti était « en danger ». Il estime que sauver le parti ne va pas être chose aisée, et c’est déjà quelque chose d’important à noter: il parle de « sauver » le parti. Il a besoin de secours, donc, même monsieur Juppé l’admet. En fait, apparemment, la seule chose qui pourrait sauver l’UMP, c’est un renouveau avec les élections de novembre. Les Français ne font plus confiance au parti: comment pourrait-on envisager de donner le pouvoir à un parti qui se déchire de l’intérieur, qui présente de telles divergences et qui, apparemment, agit dans une certaine forme d’illégalité? En somme, les membres du parti ont prouvé leur mauvaise foi et, de fait, il est impossible pour un citoyen lambda de placer sa confiance en des instances anciennement gouvernementales qui faussaient ses comptes en demandant aux Français d’être irréprochables. Fais ce que je dis, pas ce que je fais: alerte, parti en danger.

Il faut sauver le soldat… Copé?

En juillet doit avoir lieu un audit sur les finances du parti dans le but d’y voir un peu plus clair et d’établir si oui ou non il y a actuellement des problèmes au niveau des comptes de l’UMP. Jusque là parti qui inspirait, sinon confiance, au moins un minimum de stabilité, l’union bat de l’aile et semble subir des tornades multiples. Le plus étonnant, amusant, navrant (rayez la ou les mentions inutiles), c’est que le tout se passe en interne. Ne dit-on pas que l’on récolte ce que l’on sème?