Politique sécuritaire

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C’est un débat récurrent: la sécurité. Nous n’allons pas entrer dans les polémiques qui font l’amalgames entre tous les problèmes de société et ne savent plus faire la différence entre des éléments liés mais distants, mais seulement aborder les politiques qui existent au niveau de la sécurité individuelle au travail. Récemment, un projet de loi a été discuté sur le sujet. Il s’agit de réformer pour toujours plus de garantie apportée à l’employé: le travail doit être un moyen de produire et de gagner sa vie -d’un côté et de l’autre- sans qu’il n’y ait de risques pris. Bien entendu, le risque zéro n’existe pas, mais plutôt que de faire avec, on essaie de contrer les possibilités de danger le plus possible: c’est ainsi que, dans certaines professions, des vêtements spécialisés sont recommandés voire obligatoires. Les patrons ont d’ailleurs tout intérêt à l’imposer à leurs salariés dans la mesure où un accident du travail est vite arrivé et qu’il en va de leur responsabilité

Des professions évidemment concernées par le problème

Les normes imposées aux chaussures de sécurité doivent être en adéquation avec les risques d’un métier. Aussi, la composition des chaussures est telle qu’elles ont un embout ultra résistant et une structure spécifique: elles doivent résister à la chute d’objets (couteaux en cuisines, objets lourds en usines etc.), à l’écrasement (un minimum de résistance chiffré a été établi), ou encore à des variations de température (eau bouillante, etc.). Vous l’aurez compris, certains professions dites à risques ne peuvent tout simplement pas s’en passer.

Si vous devez vous procurer des chaussure de sécurité, où aller?

Alors que vous pouvez être perdus dans un choix quasi vital, il est primordial de parler qualité. Le site www.basketdesecurite.fr en ce sens vous permet de choisir une paire de chaussures esthétique en toute sérénité. Les modèles sont certifiés.

Sarkozy en garde à vue

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L’ancien président de la république française Nicolas Sarkozy a été mis en garde à vue à la suite des écoutes téléphoniques, notamment publiées sur le site du canard enchaîné, qui ont conduit à le soupçonner de trafic d’influence. C’est une grande première pour un ex-chef de l’Etat, qui d’ailleurs n’est pas le seul soupçonné dans cette affaire puisqu’ont été inquiétés également son avocat et deux magistrats.

Le trafic d’influence en quelques mots

Le trafic d’influence est un délit effectué par un représentant des pouvoirs publics: il s’agit d’une forme de corruption dont la manifestation se fait au travers de transfert d’argent ou de biens, par exemple, depuis une personne physique ou morale vers la personne politique dans le but de s’en attirer les faveurs diverses. Ce peut être dans le but d’obtenir un marché, une bienveillance ou autre. En France, on considère qu’il y a trafic d’influence dès qu’une somme d’argent est versée pour obtenir des avantages, et ce quelle que soit l’influence que détient effectivement la personne corrompue.

L’affaire Sarkozy, une grande première

Ainsi, fraîchement arrivé à Nanterre, où il était convoqué pour s’exprimer sur l’affaire dans laquelle il est soupçonné d’être impliqué, Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue par la police judiciaire locale. Pendant des mois, l’ancien Président a été placé sur écoute et c’est suite aux révélations des enregistrements qu’il a été suggéré d’approfondir l’enquête. En parallèle, les gardes à vue déjà entamées de l’avocat de l’homme politique et de deux magistrats ont été prolongées. Un scandale dont se serait bien passée l’UMP en ces moments troubles. La garde à vue de l’ancien chef de l’UMP peut durer 24 heures et être renouvelée une fois, en attendant d’entendre les déclarations du principal intéressé. Il semblerait que ce soit toute une classe politique qui soit concernée par la corruption, et ce n’est pas bon pour l’opinion désastreuse que les Français en ont déjà.

Le voile en débat politique

Niqab

Après l’interdiction en France du port du voile intégral, la Cour Européenne doit statuer sur ce débat qui fait encore fureur. Entre les préjugés et les vérités oubliées, il y a effectivement de quoi diviser sur un quasi-tabou de société qui doit être discuté et auquel il faut trouver une solution, quelle qu’elle soit. Question aux ressors philosophiques, donc, que celle que doit se poser la cour Européenne: interdire le voile intégral est-il contraire aux fondamentaux des droits humains érigés en grands principes? Problématique épineuse sur laquelle se penche la CEDH, Cour Européenne des Droits de l’Homme suite à la plainte déposée par une Française de 24 ans qui souhaite pouvoir porter la burqa ou le niqab

En espace public, visage dévoilé

Depuis 2010, la loi prévoit que l’espace public ne tolère pas de tenue qui vise à cacher un visage. Le port de tels vêtements peut conduire à 150€ d’amende et/ou à un stage sur la citoyenneté. Une jeune femme, dont on ne connait pas l’identité mais seule la confession -musulmane- a donc saisi Strasbourg pour relancer au niveau européen le débat d’une loi qui la dérange. Selon elle, les libertés fondamentales sont restreintes par l’interdiction du port du voile et elle se réfère alors à l’article 3, dont l’intitulé dit à peu près que sont interdits les « traitements inhumains ou dégradants ». Si l’article se réfère à l’origine à la torture, la jeune femme compte s’appuyer dessus pour revendiquer ce qu’elle considère être un droit.

Un cas pour un principe

Sont également mis sur le tapis les articles 8, 9 et 10 qui portent sur le respect de la vie privée, du droit à la liberté de pensée, de religion, d’expression. Tant de thèmes qui sont ici abordés. Enfin, selon la jeune musulmane, la loi soulève la question de la discrimination entre religions, ethnies et sexes. Pour ses avocats, ce choix relève d’une liberté personnelle appartenant à la « sphère privée ». Les représentants de l’Etat français rétorquent que la loi vise simplement à aider la vie en société.

L’Argentine en défaut de paiement?

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1.3 milliards de dollars. C’est la somme que doit rembourser l’Argentine à l’un des fonds lui ayant prêté de l’argent. Le problème, c’est qu’après avoir essuyé plusieurs refus de rééchelonnement et de restructuration de dette, le pays craint que le remboursement de l’une attise l’urgence des autres… qu’il ne pourrait pas assumer tout de suite. C’est la course contre la montre avant la prononciation de ces mots fatidiques: défauts de paiement.

Eviter le défaut de paiement à tout prix

Les dettes qui font soucis actuellement sont à rembourser à NML Capital et Aurelius Management. Les deux fonds ont obtenu l’approbation de la Cour Suprême mi-juin, et de fait les organismes réclament désormais un remboursement des titres argentins. Ils ont racheté ces derniers pour une bouchée de pain au moment où le pays semblait sombrer économiquement, mais ils réclament cependant le remboursement à valeur initiale du prêt, soit plus de 1 milliard de dollars. Le paiement peut se faire en bons du trésor, mais l’Argentine craint la précipitation, par là, des demandes de remboursements pour d’autres fonds qui n’ont pas souhaité procéder à des réductions ou rééchelonnements d’une dette que Buenos Aires peine à rembourser.

Si les autres s’en mêlent…

Dans le cas où l’Argentine serait sommée de rembourser la totalité de ses prêts, c’est une fatale facture de 15 milliards de dollars -en plus- dont le pays devrait répondre. Autant dire qu’il n’est pas envisageable dans un pays tout juste émergent qui peine à décoller et dont la banque centrale dispose de moins de 30 milliards de réserves, à l’aube de la récession économique. Malheureusement malgré ces craintes fondées, Buenos Aires se doit de discuter avec ses prêteurs, qu’elle n’a pas d’autre choix que de rembourser. Malgré tout, dès à présent, le pays doit envisager des solutions pour un avenir qui se retrouve menacé et compromis par une telle épreuve. Réformes, nouveaux prêts, la solution idéale n’existe pas et pourtant, les gouvernements doivent s’efforcer de la chercher… et vite.

Recul des ventes dans l’immobilier

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D’après l’agence Century 21, les ventes de biens immobiliers auraient connu une baisse de 2.8% pour le premier semestre 2014 par rapport au même semestre l’année dernière. Il faut rapporter cette baisse au fait que le prix du mètre carré continue de baisser. De fait, en valeur absolue, l’argent dépensé dans la pierre est moins important pour une même surface; seulement, cela n’explique pas tout puisque le nombre de transactions seul a baissé de 6.8% pour les appartements, ce qui laisse penser que le problème se manifeste donc surtout dans ces chiffres de transactions. En l’occurrence, est mise en cause la loi ALUR de mars 2014, qui stipule que de nombreux documents administratifs doivent être attachés à une offre dans une copropriété -donc dans les immeubles.

Une classe moyenne à moyenne-basse qui achète

Aujourd’hui, la classe moyenne entend accéder à la propriété. Les principaux acquéreurs immobiliers sont actuellement les ouvriers et cadres moyens, qui contribuent aux achats à hauteurs respectives de 42% et 25% environ. Les cadres supérieurs et les commerçants, eux, achètent de moins en moins: on constate un recul de 2% et 10% respectivement! Ils ne représentent donc plus qu’une faible part des transactions sur le marché de l’immobilier.

Les résidences secondaires ne sont plus à l’ordre du jour

Actuellement, plus de 70% des achats immobiliers se font dans le but, pour l’acheteur, d’acquérir une résidence principale. L’achat de résidences secondaires est passé, justement, au seconde plan au moment où les classes moyennes n’ont plus accès à la consommation et où les classes supérieures ont déjà un patrimoine immobilier conséquent.

Les prix à Paris?

La capitale française est l’une des plus chères en matière de logement. Les prix ont nettement baissé ces dernières années, mais il reste difficile de se loger à Paris. D’ailleurs, les prix semblent repartir à la hausse avec un timide +0.3% qui porte le mètre carré à presque 8230€. À cause du manque de nouvelles constructions, la pression des prix parisiens risque de persévérer encore un moment.

Un nouveau chef pour l’Europe

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C’est tout récemment que la Commission Européenne s’est trouvé un nouveau Président: Jean-Claude Juncker n’a pourtant pas fait l’unanimité, d’abord refusé par Angela Merkel -qui aura fini par accepter cet homme du centre-droit comme l’ont fait les gouvernements de gauche. Pourtant, si son parti ne semble satisfaire que peu de personnes, sa personne à lui peut être une bonne chose pour l’Europe. Homme de compromis, il est la manifestation d’une avancée démocratique dans l’Europe. Or l’institution manque de cohésion politique, et tout pas vers la coopération est un pas utile -voire nécessaire.

L’Europe en mal de politique

Pour l’instant, l’Europe semble incohérente: elle est une institution supra-nationale mais peine à émettre des normes qui peuvent changer les choses. Elle met en place une monnaie commune mais n’a pas de politique monétaire. Elle permet la circulation mais ne se pose pas la question de l’immigration. Elle entend mettre tout le monde au même niveau mais n’a que de timides politiques sociales. En somme, ce qui manque à l’Europe, c’est qu’elle ambitionne sur le papier d’être une fédération d’Etats mais que, dans la pratique, elle semble plus passive qu’actrice de la scène internationale. Aussi semble-t-il que l’élection d’un nouveau Président soit un bon point de départ pour une plus grande efficacité.

Jean-Claude Juncker, en route pour l’Europe?

On dit de lui qu’il est un homme de compromis. D’ailleurs, le compromis jusqu’à présente, ce fut son élection: il a été élu sans réelle conviction, plus ou moins par défaut car peu de pays, somme toute, votaient en sa faveur le 25 mai. Jean-Claude Juncker est un ancien premier ministre Luxembourgeois qui, même s’il vient d’un petit pays, se sent capable d’assumer la tâche de donner une direction à l’UE. Pour mener à bien ses projets, cependant, il faudra qu’il sache donner raison à sa réputation d’homme de consensus dans la mesure où peu de gouvernements lui confèrent actuellement sa légitimité et où, naturellement, il devra trouver la sienne en menant à bien ses projets.

Les dépenses médicales au coeur du débat

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Caisses vides, poids de la santé, trou de la sécu, rigueur… Le refrain tourne en boucle et, définitivement, il sonne de plus en plus faux aux oreilles d’un contribuable moyen qui est coincé entre le manque d’aides qu’il perçoit et le montant des impôts qu’il se doit de payer sans pouvoir envisager l’exil fiscal parce que, justement, il n’est que moyen. Pourtant, l’augmentation des dépenses de santé n’ont augmenté que faiblement dans l’OCDE depuis le début de la crise. Naturellement, en vue du système d’aides développé en France, le pays est l’un des premiers en terme de poids de la santé dans le PIB, et ce malgré la baisse enregistrée dans l’achat de produits pharmaceutiques.

Encore des disparités énormes

Après une tendance à la baisse assez significative, les dépenses médicales en 2012 ont regagné du terrain dans les pays de l’OCDE (affectueusement surnommé « le club des pays riches »). Seulement, cette tendance globale n’a pas vraiment de signification pure dans la mesure où les disparités sont conséquentes, et ce à grande comme à petite échelle. De cette manière, l’Union Européenne compte des dépenses de moins en moins importantes dans le domaine (en Grèce surtout, qui accuse un recul de 25%) alors que l’Amérique du Sud par exemple compte des augmentations nationales jusqu’à presque +9%.

La France au coeur du débat

Nécessairement, quand il s’agit de dépenses sociales, on prend en modèle référent la France, troisième pays le plus dépensier -en volume- en terme de santé. Devant elle, les Pays-Bas et… les Etats-Unis, où se faire opérer pour une appendicite peut vous mettre sur la paille et où de nombreux citoyens vivent sans couverture sociale (mais avec 300 000 000 d’habitants, on arrive rapidement, en soignant quelques personnes à 50 000$ la nuit à l’hôpital, à atteindre le niveau de dépenses de la France). En 2012, 11.6% du PIB Français était consacré aux dépenses de santé -contre une moyenne de 9.3% pour l’OCDE. Il s’agit alors de 3.476 dollars par habitant en PPA… contre 7.662 aux Etats-Unis. Un comparateur un peu plus intéressant puisqu’il prend en compte plus de données que le volume absolu.

égalité filles-garçons, débat à l’école

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L’Inspection Générale de L’éducation nationale, encore troublée par les mécontentements de la théorie des genres, a créé une évaluation des ABCD de l’égalité. Pourtant, il semblerait que le débat filles-garçons, si controversé parmi les parents de petits élèves, ne remplisse qu’une petite partie de la création, peut-être pour limiter la polémique, peut-être pour être plus efficace également. Finalement, n’y a-t-il pas quelque chose de dérangeant à prôner l’égalité s’il y a besoin de l’inculquer si explicitement?

ABCD de l’égalité, on efface et on recommence

Plutôt que d’insérer directement le programme prévu, il s’agirait de faire entrer petit à petit l’idée de l’égalité sexuelle dans les programmes des écoliers. Un rapport récemment commandé visait à mettre en lumière les points d’action éventuels pour réduire les inégalités entre filles et garçons, notamment au niveau de leurs résultats scolaires et, de fait, de leur choix de métier ou des violences sexistes qui peuvent avoir lieu au quotidien pour des adultes qui y sont malheureusement habitués.

Être ambitieux, rester réaliste

Une bien jolie théorie dont on demande encor eà voir la mise en pratique. À la place des ABCD sur l’égalité, on devrait voir apparaître ce qui s’appellera désormais des « mallettes pédagogiques » dont disposeront tous les enseignants et qui seront obligatoires à l’enseignement. Au travers de ce nouveau principe, les ABCD sont très peu évoqués même si leur utilisation est recommandé dans le cadre des mallettes. Certaines écoles devraient donc servir de test, de lieu d’expérimentation pour « rester prudent » avant la généralisation. Le problème, c’est que la volonté de réforme arrive dans un contexte financier et donc humain limité. On peine donc à envisager comment le tout pourrait fonctionner alors qu’il s’agit d’un travail de fond qui nécessite une attention et un suivi tout particulier. Il faut changer les mentalités dès la petite enfance, c’est certain, mais la société ne semble pas vraiment savoir dans quelle direction elle souhaite conduire ses enfants…

L’actu éco en bref

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La bourse de Paris ambitionne de commencer la dernière partie de son premier semestre en hausse modérée. La principale cause de ce léger regain serait la présence de BNP Paribas qui, alors qu’elle est au cœur de troubles pénaux engendrés par les législations américaines, pourrait permettre à la bourse d’enregistrer une augmentation. Autre actualité du début du trimestre: l’inflation dans l’Union Européenne -ou plus exactement dans la zone euro, puisque c’est cette monnaie qui devrait la subir.

BNP Paribas: le dossier du moment

Les Etats-Unis sont sur le point de condamner BNP Paribas au versement d’une amende encore inédite: près de 9 milliards seront demandés à la banque française, à qui l’on reproche d’avoir violé l’embargo US envers certains pays. Pendant un an, de plus, la BNP devrait se voir refuser le droit de commercer en dollar pour certaines opérations. C’est ce que doit envisager la Bourse de Paris, qui devrait malgré tout finir en hausse au début de la dernière séquence de ce trimestre. Ces événements sont concomitants à de nombreuses manifestations macroéconomiques qui sont elles-mêmes l’amorce des résultats trimestriels aux Etats-Unis à tomber dans la semaine. Pour l’instant, le CAC 40 enregistre une hausse de plus de 3% sur le semestre précédent. Le SP 500 New-Yorkais, lui, affiche un fier +6%. On attend du CAC 40 qu’il s’en rapproche en termes d’augmentations.

Zone euro en inflation au mois du juin

Autre élément clé du moment: une inflation dont on attend une certaine stabilité autour de 0.5% pour une année complète en Europe. Les dirigeants des pays de la zone euro se plaignent souvent de son niveau trop faible flirtant avec des taux déflationnistes dans certains pays. On envisage difficilement qu’un petit 0.5% permette la reprise, néanmoins on espère qu’il ne servira plus d’excuses aux grands patrons et qu’il permettra, au contraire, d’inspirer des taux plus élevés par la suite -si c’est bien ce dont on a besoin pour sortir de la crise.

Manipulation 2.0

facebook

À l’heure où des millions d’internautes publient leurs actions prosaïques et leurs pensées relativement intimes sur un mur virtuel à fréquence quotidienne, 700 000 d’entre eux se sont indignés de la manipulation dont facebook les a rendus victimes. Le réseau social aurait en effet manipulé leurs émotions dans la plus grande confidentialité, dans le but de mener à bien une recherche sociologique sur la « contagion émotionnelle ». Un concept qu’on conçoit très facilement à l’aide d’un peu de bon sens mais qui, jusque là, n’avait pas été prouvé via réseaux sociaux. Et pour cause: l’expérience nécessite des participants anonymes et non-informés de l’enquête dont ils sont « victimes ». D’où la controverse.

L’expérience vouée à prouver la contagion émotionnelle web

Le principe de base n’est pas compliqué: il s’agit d’envisager qu’une personne voie ses émotions influencées par celles de son entourage. En société, dans le modèle classique inter-personnel de notre relation aux autres, on conçoit assez facilement comment le contact à une personne déprimée peut miner le moral ou comment, au contraire, le dialogue avec une personne optimiste peut nous faire voir le bon côté des choses. De fait, les chercheurs de l’université Cornell et de Californie, conjointement à Facebook, se sont demandé si cette contagion avait aussi lieu au travers d’un réseau virtuel où les émotions sont transcrites par des mots, des lettres irréelles plutôt que par des émotions vives et vivaces. Le résultat confirme que, selon les messages auxquels les internautes sont confrontés, ils publient eux-mêmes des messages contenant plus de termes positifs ou négatifs, en adéquation avec la perception qu’ils ont de leur environnement au travers des messages qui leur ont été transmis.

Une controverse éthique… et hypocrite

Problème éthique: il s’agit d’une manipulation pure et simple. Les personnes concernées n’ont pas été mises au courant, on ne leur a pas demandé leur avis et facebook s’est en quelque sorte infiltré dans leur intimité dans le plus grand des secrets pour les « tester ». On repense aux expériences de stanford et autre, à cela près que dans ce contexte, les personnes étaient au courant de ce qui leur arrivait mais ont vécu des expériences bien plus traumatisantes psychologiquement. En effet, les internautes ont le sentiment d’être abusés mais il faut remettre les choses dans leur contexte: ils sont libres de publier ou non leurs états d’âme, de pleurer sur une dizaine de lignes pour expliquer leur questions profondes métaphysiques, de se dévoiler sur une plateforme web dont ils savent pertinemment qu’elle est accessible à tout le monde -et de fait à n’importe qui. Alors, définitivement, il y a quelque chose de dérangeant à être surveillé de la sorte; il faut cependant réaliser que ce qui est réellement dérangeant, c’est le concept de même d’étalage de vie privée sur internet, relevant d’un voyeurisme-exhibitionniste des plus éthiquement problématiques, puisqu’on en est à parler éthique.